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L'actualité française vue de Berlin...

27 janvier 2009

L’identité du film français

La sortie du film « Bienvenue chez les Cht’is » de Dany Boon a déclenché une discussion presque infinie sur son (soit-disant) nouveau concept. Un film dont la problématique abordée s’adresse directement au peuple français. Ce concept est bien vu mais malheureusement très rare à présent. Le cinéma français s’oriente toujours à des idées anciennes. Mais quel est l’ancien concept des films et qu’est-ce qui fait l’identité d’un cinéma national ? Est-ce que le cinéma français peut se détacher de l’ancien concept ?

 

L’article « Le cinéma français vu de l’étranger : « peu d’action et beaucoup de dialogues », est paru en mai 2008 dans Le Mensuel de l’Université. Il s’agit d’un entretien avec Ginette Vincendeau, professeur au King’s College de Londres, et informe sur l’exportation des films français en Europe et leurs réceptions variées dans ces pays. En outre, l’interviewée démontre que le cinéma français prend une place particulière en Europe, grâce à son système culturel.[1]

Un autre article intitulé « Trop de films ! » de Jean-Luc Wachthausen, publié le 3 décembre 2008 dans Le Figaro, parle de la quantité immense des films français sortant au cinéma. Ce problème est, d’après l’auteur, dû au système cinématographique en France qui permet de produire de nombreux films moyens.[2]

 

Dans le premier article, Ginette Vincendeau illustre les avantages du système culturel français pour la production des films, en expliquant que le soutien de l’industrie cinématographique figure au budget de l’État. Selon la professeur, il est important de soutenir cette culture, mais d’autre part, cela lui allègue un caractère officiel. De son côté, Jean-Luc Wachthausen reproche à ce règlement qu’il entraîne une production favorable à des films moyens « qui auraient plus leur place à la télévision ».

Quant à l’exportation des films français, Ginette Vincendeau note que ce sont les productions de marge, souvent des œuvres extrêmes ou moins populaires qui sont distribués à l’étranger. Ceci lui permet de constater que le cinéma populaire, la comédie ne s’exportent pas réellement. En donnant l’exemple du succès du film « Ma Mère » de Christophe Honoré, obtenu à Londres, un film marqué de violence et de sexe, elle souligne cet aspect extrême.

En analysant la réception européenne des films français dans les différents pays, elle constate que même s’il existe un programme d’aide à l'industrie cinématographique pour l’échange du cinéma, il est difficile de les rendre plus appréciables. En effet, les films français sont perçus comme des films avec peu d’action et beaucoup de dialogues, qui sont silencieux et lents, et qui s’adressent à un public âgé et cultivé. Cependant elle remarque que les comédies s’exportent bien en Allemagne et en Italie. Le film « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » qui a eu du succès même à l’étranger, fait selon l’auteur toutefois partie de ces films nostalgiques, prédestinés à un public âgé, mais avec une exception marquante : des effets spéciaux, qui attirent de même un public plus jeune. En outre, elle évoque les années 1980, où l’on considérait que le cinéma français suivait la devise du « cinéma du look ».

Jean-Luc Wachthausen critique cette identité, cette image du film français. Il affirme les désavantages de ce système culturel, qui agit comme un moteur pour l’exploitation des films sans vrai sens et sans aucune particularité.

Les films français ont, pour conclure, une certaine image ou une réputation significative, qui se remarque autant en France que dans les autres pays européens. C’est une identité du cinéma national que le peuple rend insatisfait. Seuls quelques nouveaux films, comme « Bienvenue chez les Cht’is » (sorti en Allemagne, au Royaume-Unis, en Italie et en Espagne) permettent de reconsidérer cette image et laisse à en espérer plus du même genre.

Concernant l’article de Ginette Vincendeau, on peut se poser la question si cette image citée existe effectivement. Il est intéressant de voir la conséquence qu’entraine l’aide financière pour la production. Comme Jean-Luc Wachthausen l’a dit, les films qui sortent sont en majeure partie d’une qualité moyenne. Consultez par exemple ce site web pour vous informer sur les films de cette semaine : http://www.allocine.fr/film/cettesemaine.html .

Est-ce que le film « Bienvenue chez les Cht’is » représente vraiment une nouvelle stratégie de cinéma ? Est-ce qu’on peut déjà voir des changements ?



[1] http://www.lemensuel.net/Le-cinema-francais-vu-de-l.html

[2] http://www.lefigaro.fr/cinema/2008/12/03/03002-20081203ARTFIG00441-trop-de-films-.php

Posté par julia_m à 16:01 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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