11 janvier 2009
L'union européenne sous amphétamines- bilan de la présidence francaise
Bettina Mäter
L'union européenne sous amphétamines-
bilan de la présidence francaise
La France, naturellement hostile aux reformes, se trouve sous le gouvernement d'un président
hyperactif. Les reformes incessantes du président francais font de lui un leader à part. Pourtant, ses
reformes ne passent pas très bien auprès des électeurs francais. Peu nombreux sont ceux qui
approuvent ses actions au sein de l'Hexagone.
La situation change si l'on quitte la France. La présidence francaise a bouleversé l'union
européennne et la réputation du président francais s'est repandue bien au delà des frontières
francaises.
Il y a quelques mois, la presse internationale était unanime à critiquer Sarkozy. Aujourd'hui on est
loin de l'image du président francais qui agacait tout le monde et que l'on jugait à l'étranger de
fanfaron. Les observateurs mettent en évidence son énergie tout en soulignant son aura de président
en exercice de l'Union européenne ( cf.: „Super Sarko sauve le monde“, „il avale les crises comme
un drogué“, „la vedette du semestre“, „un“gross, gross“ président européen“, „Speedy Sarko“,
„hyperprésidence“). Celui qui a été critiqué jusqu'à présent comme obnubilé par lui-même, radical,
enclin à prendre des risques et menant une politique tapageuse, s'est avéré utile dans la mesure ou il
est anticonformiste et doté d'une prodigieuse énergie.
Paris a annoncé une présidence politique. Et c'est ce qu'elle est devenue, mais peut-être pas sur les
sujets que l'on attendait. Ce n'est pas la défense, l'immigration, l'agriculture ou le climat mais plutôt
le conflit russo- géorgien et la crise financière et économique qui ont marqué ses actes politiques.
Problèmes pour lesquels l'Europe figée dans sa bureaucratie n'est pas préparée, semble-t-il.
Bouleversée par de nombreuses crises l'Union européenne arrive, dans l'ensemble, à trouver des
solutions. Le mérite en revient notamment à son président Nicolas Sarkozy. L'Europe a joué au sein
des dernières crises un rôle inhabituellement dynamique depuis que Sarkozy en a pris la présidence.
L'hyperactif chef de l'État francais a dirigé avec soin les opérations et l'on doit reconnaître qu'il a
bien géré ces crises. Même les plus serieux détracteurs du président francais, comme Jean Claude
Junker ont fini par lui rendre hommage: „ Jamais [...] je n'ai vu l'Europe gouvernée avec autant de
force.“
Les risques qu'il a pris ont payé. Prenons sa rapidité dans le conflit russo-géorgien. Même si l'on
reproche au président d'avoir négocié une vague trêve il a quand même et surtout réussi à mettre fin
aux combats.
Il a amelioré les relations entre la France, les Etats-Unis, Israel, ses voisins nord-africains et
l'OTAN. Avec la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN il rompt
avec la politique de défense francaise héritée du général de Gaulle.
Soudain l'Europe pale avec sa bureaucratie toute-puissante qui l'émpêche parfois d'agir.
L'hyperactif Sarkozy a utilisé la présidence de l'UE comme un tremplin qui lui a permis de
convaincre ses partenaires européens de rester unis face à la crise et d'assoir ses propres ambitions
sur la scène mondiale.
Mais dans son propre pays Nicolas Sarkozy reste plus impopulaire que dans le reste du monde.
Certes, il n'est ni le dalai-lama ni Ghandi mais il a donné naissance à une véritable politique
européenne. La présidence est plutôt considérée par le pays qui l'exerce, comme un semestre passé à
accueillir expositions et autres mondanités. C'est à Sarkozy que l'on doit d'avoir donné une réelle
signification à la notion de présidence européenne.
Prochainement c'est à la République tchèque d'occuper la présidence tournante de l'UE. Que serait-
il devenu de la Géorgie si quelqu'un d'autre que Sarkozy avait occupé la présidence? Certes la
France dispose d'un appareil diplomatique étendu et profite d'une grande expérience historique dans
le jeu des grandes puissances. Malgré tout, la personalité et le style de Sarkozy sont devenus des
éléments importants de sa politique. C'est peut-être ce qui constitue sa force. De plus, il est
toujours possible que le gouvernement de Prague chute l'année prochaine, au moment ou il devrait
gouverner l'UE. Il n'est donc pas gratuit de se poser la question de l'avenir de l'Union européenne
renforcée.
De surcroit, Sarkozy vise, semble-t-il a renforcer le rôle de la France en dehors de sa sphère
d'influence traditionelle. Il se déclare prêt a discuter avec tous les dirigeants, malgré certaines
violations des droits de l'homme, ce qui bien sûr prête à la critique. Ainsi, Sarkozy lors de son
voyage en Syrie et de l'accueil officiel du président syriens lors de la cérémonie du 14 juillet à Paris
profite du déclin de l'influence américaine pour renforcer globalement l'influence francaise. De
plus, le président francais a obtenu une plus grande crédibilité aux yeux de Moscou par sa politique
d'ouverture envers le pays d'Europe centrale et orientale ce que ces prédecesseurs avaient négligés,
sinon méprisés.
→ Que serait-il devenu de la Géorgie si quelqu'un d'autre que Sarkozy avait occupé la présidence?
→Qu'est-ce qui changes avec la présidence tchèche et quelles problèmes peuvent apparaître?
→Que pensez-vous de la politique d'ouverture de Nikolas Sarkozy?
→D'ou vient cette supériorité du président francais au sein des G8?
Sources
● Un „gross, gross“ président européen, Frankfurter Allegemeine Zeitung, Francfort, Michael
Wiegel
● A lui la médaille du mérite! Frankfurter Allgemeine Zeitung (extraits), Francfort, Günther
Nonnenmacher
● Un Moyen-Orient bleu-blanc-rouge, The Guardian, Londres, Matthias S. Klein
● Enfin un capitaine à la barre de l'Europe!, The Guardian (extraits), Londres, Julian Borger
● Dans la ligne de Blair et de Koizumi, The Age (extraits), Melbourne, Tim Colebatch
● La France sous amphétamines, The New York Times (extraits), Etats-Unis, Roger Cohen
● Le coup de poker géogien, Newsweek, New York, Tracy McNicoll
● Le pire, c'est que le culot, ca marche, El País (extraits), Madrid, Maruja Torres
● Le grand homme et le saint homme, ABC, Madrid, Olegario González de Cardedal
● Gordon Brown et Angela Moerkel n'ont pas dit leur dernier mot, Süddeutsche Zeitung,
Munich, Stefan Kornelius
● Les partenaires de la France oscillent entre espoir et inquiétude, Le Monde, Thomas
Ferenczi
● Danke Sarko! Die Zeit, Hamburg, Gero von Randow
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